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Les institutions culturelles de Bienne sous pression

Depuis 2016, les subventions culturelles n’ont pas été adaptées à l’inflation, ce qui entraîne des défis financiers croissants pour ces institutions. Un rapport révèle désormais l’ampleur du problème et les solutions possibles.
Simon Leray, Bieler Tagblatt

Le Conseil du ville de Bienne a discuté mercredi d’un rapport du Conseil municipal sur le financement de la culture. Ce rapport répond à deux postulats des années 2023 et 2024 et doit servir de base à la future politique culturelle.

Le contexte de ces deux initiatives parlementaires était le souhait de plus de transparence : jusqu’à présent, le Conseil de ville était confronté à des faits accomplis concernant les contrats de prestations avec les institutions culturelles. Le Parlement voulait avoir un aperçu avant la négociation des prochains contrats pour la période 2028–2031. Pour cela, le Conseil municipal a mené des analyses et commandé des études externes.

Les chiffres montrent que la ville de Bienne soutient dix institutions culturelles d’importance régionale à hauteur de 8,6 millions de francs par an. Parmi les principaux bénéficiaires figure le Le Théâtre Orchestre Bienne Soleure  (TOBS) avec près de quatre millions de francs, suivi du Nouveau Musée Bienne du Centre d’art Bienne et du Nebia. S’y ajoutent vingt institutions d’importance locale pour environ 700’000 francs ainsi que des contributions à la scène culturelle indépendante de près d’un million de francs.

Affaiblissement structurel

Le problème : depuis 2016, les subventions n’ont pas été réajustées. Le Conseil municipal parle d’un « affaiblissement structurel » dû à l’augmentation des coûts de l’énergie, des assurances et des salaires. Certaines institutions signalent des déficits structurels. La situation est particulièrement précaire pour le Tobs : ni Soleure ni le canton de Berne ne sont disposés à augmenter leur contribution. Le théâtre doit revoir son plan financier.

Le Conseil municipal a envisagé quatre scénarios de financement pour toutes les institutions culturelles d’importance régionale : de la variante « Focus sur la culture » à 10,3 millions de francs, à plusieurs ajustements liés à l’inflation (9,1 à 9,3 millions), jusqu’à des réductions à 7,4 millions. Un ajustement pour l’inflation coûterait, selon la méthode de calcul, entre 523’000 et 840’000 francs par an. Selon le rapport, des réductions entraîneraient une diminution des prestations, une perte de financements partenaires et, éventuellement, des fermetures.

Une étude menée par l’institut Crea montre l’importance économique : les institutions culturelles génèrent une valeur ajoutée de 34 millions de francs et créent 250 emplois. Chaque franc investi génère 3,9 francs de bénéfices économiques. Un deuxième baromètre sur le bilinguisme indique que ces institutions sont centrales pour l’identité bilingue de Bienne – mais que les efforts supplémentaires liés à cette mission ne sont pas suffisamment reconnus.

Beaucoup d’éloges lors du débat

Lors du débat, la commission de surveillance a salué le professionnalisme du rapport et recommandé son adoption à l’unanimité. Vera Urweider (Zukunft Biel/Mitte), du groupe culturel du Conseil de ville, a souligné que le rapport constituait une base mais pas encore une stratégie complète : « Nous ne pouvons pas décider aujourd’hui des scénarios de financement », a-t-elle déclaré. Il est important que l’ajustement pour l’inflation ne soit pas omis. Le groupe culturel est en contact étroit avec la direction de la culture et la fédération faîtière Aaoc.

Les Verts ont mis en avant l’importance sociale de la culture. Manuel Stöcker a rappelé que davantage de financement n’était pas un luxe : « Il s’agit de participation et de conditions de travail équitables. » Le PS a demandé plus de moyens afin que même les personnes à faibles revenus puissent bénéficier de la culture. « La culture est au moins jusqu’au cou dans l’eau », a déclaré le co-président Julian Meier.

Le PLR a salué le fait que le Parlement dispose pour la première fois d’une base de travail grâce au rapport. Le PSR a rappelé que Bienne figure parmi les villes qui investissent le moins par habitant dans la culture. Le PRR a soutenu le rapport mais a souligné la responsabilité dans le cadre de Substance+. La SVP a demandé pourquoi la culture devrait être épargnée par les mesures d’économie alors que tout le monde est affecté par l’inflation.

La directrice de la culture, Anna Tanner (SP), s’est dite satisfaite : « Nous ne voulons ni plus ni autre chose, mais sécuriser ce que nous avons. » Même en phase Substance, les moyens pour la culture « ne sont toujours pas immenses ».

Le Conseil municipal prévoit de présenter en janvier 2026 un projet définissant le cadre financier pour les contrats de prestations 2028–2031. Il faudra alors décider quelle variante parmi les quatre sera retenue.