(Deutsch) Economies et manœuvres politiques

Journal du Jura en ligne 26.09.2015

Economies et manœuvres politiques

Les acteurs culturels concernés réagissent à la décision du parlement biennois de diminuer les subventions au TOBS et au NMB dès 2018. Le réveil était difficile pour eux

Julien Baumann

Le monde de la culture biennoise s’est réveillé avec la gueule de bois vendredi matin. La veille au Conseil de ville, une alliance allant de l’UDC aux Vert’libéraux a réussi à faire passer deux motions demandant, dès 2018, une baisse des subventions accordées au Théâtre et orchestre Bienne Soleure (TOBS) ainsi qu’au Nouveau Musée de Bienne (NMB)(lire notre édition de vendredi).

Les acteurs concernés sont dépités. Dieter Kaegi, directeur général du TOBS, a assisté aux débats de jeudi soir depuis la tribune. Contacté par téléphone, il dit être très en colère:«Je ne comprends pas comment ils ont pu prendre une décision qui va à l’encontre de leur électorat. J’aimerais rappeler que la majorité de notre public est composée d’électeur de droite.»

Le directeur du NMB Pietro Scandola était aussi présent lors de la séance du Conseil de ville. L’issue du débat le déçoit. «J’ai espéré jusqu’au dernier moment que certains radicaux soutiendraient la culture, mais je dois dire que le niveau des discussions était bas», déplore-t-il.

Conséquences non négligeables

En acceptant les deux motions, la majorité du parlement contraint l’exécutif à présenter d’ici deux ans un projet de coupes budgétaires qui ne restera pas sans conséquence pour les institutions concernées. Le TOBSdevra se passer d’une manne d’environ un million de francs au total, si l’on prend en compte le principe de proportionnalité. Ce dernier provoquera la baisse, dans les mêmes proportions, de l’aide versée par le canton de Berne et la Ville de Soleure.

«Il nous est impossible de compenser la diminution des subsides biennois. Notre contribution sera amputée d’environ 300000fr.», estime Kurt Fluri. Le maire de Soleure regrette vivement ce dénouement: «Il sera tout bonnement impossible pour le TOBS de maintenir son offre actuelle. 2018 signera l’arrêt de mort de l’institution comme nous la connaissons aujourd’hui.»

Dieter Kaegi n’est guère plus optimiste et regrette que cette affaire prenne une telle ampleur. «Nous sommes les victimes collatérales d’un jeu politique. Cela va nous prendre beaucoup d’énergie pour sauver l’institution. La pression sur les collaborateurs est grande. C’est du temps que nous ne consacrerons pas à notre mission: faire du théâtre et de la musique.»

Le NMB devra, lui, se passer de 180000 fr. dès 2018. «Il faudra supprimer un département et des licenciements sont inévitables», estime Pietro Scandola.

Le directeur biennois de la Culture Cédric Némitz estime que les conséquences ont été relativisées par le groupe radical au parlement: «L’UDC et les Vert’libéraux ont été cohérents:ils disent pouvoir se passer d’une partie des prestations du TOBSet du NMB. Mais j’ai du mal à suivre les radicaux. Ils ont dit être attachés à ces institutions, mais veulent quand même faire des coupes.»

A qui la faute?

L’événement déclencheur de ces discussions animées est l’annonce faite par Cédric Némitz, ce printemps lors du débat sur l’assainissement des finances, de retirer les mesures d’économie visant le TOBS et le NMB. Ce dernier est très agacé d’être depuis désigné comme seul responsable de ce choix. «Il faut arrêter de dire que c’est moi qui aurais pris cette option seul.

La suppression de ces propositions a été décidée par une large majorité du Conseil municipal. Vous voulez savoir la vérité? La droite radicale, avant le débat, s’est rendu compte que le soutien populaire au TOBSet au NMB était trop important. Elle a avancé l’idée de retirer les mesures d’économie avant de faire volte-face durant les débats pour des questions d’alliances politiques», fustige le conseiller municipal.

Une affirmation nuancée par Stefan Kaufmann, président de fraction PRR/FDP/UDF/PEV. «C’est vrai qu’il y a eu des discussions. Mais l’idée de retirer ces mesures était formulée sous forme de question pour savoir si c’était possible de le faire. Mais je n’ai pas eu connaissance d’une demande claire en ce sens de notre part.» Une source proche des négociations a pourtant assuré hier que la version avancée par Cédric Némitz était la bonne.

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